De nouvelles occasions d'affaires ... dans les aéroports
En 2004, 3,9 milliards de passagers ont transité par un aéroport quelque part dans le monde et, selon le Conseil international des aéroports, ce nombre devrait connaître une croissance annuelle d'environ 4% dans les 15 prochaines années. À ce rythme
Privatisation des aéroports
Au cours des années 1990, de nombreux pays ont privatisé la gestion de leurs infrastructures aéroportuaires nationales. Alors qu'en Amérique du Nord la gestion des aéroports a été principalement confiée à des organisations sans but lucratif (OSBL) spécialement créées pour l'occasion (par exemple Aéroports de Montréal - ADM), certains pays européens, comme l'Angleterre, l'Allemagne et l'Italie, ont cédé le contrôle des aéroports à des firmes privées et cotées en bourse.
Initialement créés pour prendre uniquement le contrôle des aéroports nationaux, ces nouveaux experts privés de la gestion des aéroports ont tôt fait de partir à la conquête du monde.
Le leader mondial est la britannique British Airport Authority (BAA) qui contrôle de nombreux aéroports, dont le londonien Heathrow, le plus important aérogare d'Europe. BAA a récemment été acquise par sa rivale espagnole Grupo Ferrovial (qui compte d'ailleurs la Caisse de dépôt et placement du Québec parmi ses partenaires investisseurs). Le gouvernement français, pour sa part, prépare actuellement la mise en bourse d'Aéroports de Paris (ADP), l'entité qui gère les installations de Roissy-Charles-de-Gaulle et d'Orly. En même temps, la firme sud-africaine SAA (South African Airport) acquiert les droits de gestion de l'aéroport de Bombay en Inde, tandis que celui de Delhi passe sous le contrôle de la firme allemande Fraport.
Cette privatisation des aéroports entraîne une pression supplémentaire sur les opérations aéroportuaires qui doivent non seulement dégager les marges bénéficiaires nécessaires à la constante mise à niveau des infrastructures, mais également générer des profits intéressants pour les investisseurs.

Sources de revenus
Historiquement, le modèle d'affaires des aéroports reposait principalement sur les revenus d'exploitation aéroportuaires (frais d'atterrissage et d'aérogare). Toutefois, les défis de modernisation des installations ont incité de nombreux gestionnaires à instaurer des taxes aéroportuaires (frais d'amélioration) qui génèrent désormais un fort pourcentage des revenus (28 % des revenus d'ADM en 2004).
Par ailleurs, l'intensification de la concurrence entre les transporteurs et la prolifération du modèle d'affaires des transporteurs à rabais (low cost) imposent une pression nouvelle sur la tarification aéroportuaire. Afin d'attirer ou de retenir les transporteurs, de nombreux aéroports négocient à la baisse leurs frais aéroportuaires, créant ainsi un manque à gagner qui doit être compensé par d'autres sources de revenus. De nombreux gestionnaires ont donc décidé de mettre à profit l'achalandage découlant des liaisons arrachées à la compétition afin de générer des revenus additionnels.



