Jana Mistrikova (Golden Yasmin)
« Le tourisme de masse est une menace pour Yasmine Hammamet » La station Yasmine Hammamet renoue avec la croissance et réalise des performances intéressantes d'année en année. Quels sont les atouts de cette station à la veille de la saison touristique ? Comment la réanimer ? Les explications de Jane Mistrikova directrice commerciale à Golden Yasmin
Tout d'abord quels les atouts de Yasmine Hammamet ?
Je pense que Yasmine Hammamet a tous les atouts pour réussir. La quasi-totalité de ses hôtels est de catégorie 4 et 5 étoiles. Le produit est par conséquent un produit de luxe. Elle dispose de trois pôles d'animation : la Médina, La marina et l'esplanade. C'est donc une station touristique à part entière qui sera enrichie par un grand centre de congrès à partir de juin 2007.
Mais malgré ces atouts, Yasmine Hammamet a des difficultés à se vendre en hiver. Quelles sont les principales causes des moindres performances réalisées par la station durant la basse saison ?
L'hiver reste particulièrement difficile à vendre à Yasmine Hammamet. J'évoquerai trois raisons. En premier lieu le mauvais temps qui a sévi en Tunisie en hiver dernier, l'absence du marché anglais et le manque d'animation. Durant la basse saison, nous constatons une absence de vie nocturne. Le para touristique ne suit pas. Il n' y a ni discothèque, ni festivals,ni bars en hiver. Ceci sans oublier d'évoquer la conjoncture difficile en Europe qui a néanmoins freiné le départ des européens à l'étranger. Chose qui a beaucoup influé sur le taux d'occupation.
Comment s'annonce l'été ?
Il faut dire que la saison a commencé très tôt avec l'arrivée à partir de mars avril de plusieurs touristes iraniens. Les vacances de Pâques et les incentives nous ont permis d'améliorer nos scores en avril, mai et juin. Pour l'été, le booking est encourageant pour tous les hôteliers. Toutefois, il faut savoir gérer cette abondance.
Ne pensez-vous pas que le mondial a freiné les départs des touristes vers la station en cette période de juin ?
Non, je le pense pas. A part, les Allemands qui sont restés chez eux à cause de la coupe du monde, les autres nationalités sont venues en masse notamment les italiens et les russes. Le marché local commence à retrouver sa vitesse de croisière et on doit s'attendre à une bonne amélioration des flux touristiques de l'Algérie.
Avec des prix peu compétitifs, ne pensez-vous pas qu'on est en train de basculer vers un tourisme de masse dans la station ?
L'infrastructure de la Station devait conforter cette tendance. Plusieurs hôteliers ne cessent de clamer haut et fort qu'ils souhaitent voir émerger un tourisme de haut standing capable de générer des recettes touristiques conséquentes. Seulement aujourd'hui nous apercevons de plus en plus que certains hôtels de 4 et 5 étoiles bradent la station et les conséquences ne peuvent être que néfastes car ils barrent la route aux professionnels qui veulent commercialiser leurs produits à des prix forts et on craint que la station n'aille vers la voie du tourisme de masse
Comment optimiser les chances de commercialisation de cette station ?
Cette situation nécessite une mobilisation grandissante de la profession pour contourner certaines difficultés et gagner des parts de marchés moyenne une agressivité commerciale nécessaire. Un travail en profondeur visant la promotion des produits de niche notamment le golf, l'incentive, la thalasso notamment en hiver pour bien remplir la station. Nous devrons compter sur la clientèle individuelle. Pour ce qui est de la question des prix, l'hôtelier doit se soumettre à la loi de l'offre et de la demande et on n'a pas le droit encore une fois de vendre des unités 5 étoiles au prix de 3 étoiles. Ce qui nuit à l'image de la station qui a besoin plus que jamais de vrais professionnels capables de la mettre en évidence



