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Interview - Fethi Kharrat (directeur du festival international de Hammamet)

« Concilier le culturel et le touristique » Le festival international d'Hammamet ne cesse de s'affirmer d'une session à l'autre, d'un spectacle à son suivant comme preuve et illustration des préoccupations d'une culture moderne, culture fonctionnant pour elle-même, par elle-même, aux allures et à l'ambition et à l'animation qui font face au futur. La 42ème session s'annonce prometteuse et se présente comme une invite d'oxygénation culturelle, d'effervescence et de liesse populaire comme nous l'affirme M. Fethi Kharrat directeur du festival international de Hammamet.

( jeudi 13/07/2006 )

Tout d'abord quelle est la spécificité de cette 42ème session du festival international de Hammamet ?

Cette session essaie d'être fidèle aux orientations du festival. Elle sera axée essentiellement cette fois, beaucoup plus que dans le passé sur une gamme de spectacles artistiques culturels vivants susceptibles d'attirer le grand public. Cette session sera particulièrement marquante avec un programme varié et de qualité. Le théâtre est largement favorisé puisque le théâtre de plein air de Hammamet a été conçu spécialement par René Ario, un metteur en scène célèbre, pour les présentations théâtrales. Au  programme trois grands présentations : « Mawell Tyour Ellil » du centre national d'art dramatique et scénique de Sfax qui sera présentée le jour d'ouverture le 18 juillet, l'on verra une série d'autres pièces telles que « Otages » de Ezzeddine Gannoun, «  Coeur de pigeon » de Samir Ayadi  « Wadi Errabi » du centre national d'art dramatique et scénique de Gafsa et « Mokh El Hadra » de Riadh Nahdi. Un autre aspect non moins important de cette session : la danse et la musique. Cette session se verra caractérisée par une richesse musicale. Ainsi aux côtés des Tunisiens viendront de pays européens et américains et asiatiques plusieurs vedettes dont notamment Lucky Peterson, Idir, Marouen Khouri et Hammam Khairi.

Vous avez axé votre programme sur le cinéma. Pourquoi cet engouement pour le 7ème art ?

Le 7ème art occupe de choix dans la programmation pour plusieurs raisons. Hammamet n'a pas tout d'abord une salle de cinéma. Le public est assoiffé de bons films. Nous avons essayé de trouver d'alternative en projettent de fils de qualité en plein air. Pour la troisième session, le public a adhéré positivement. Il y aura certes des films en avant première comme «  Bine El Widiène » de Khaled Barsaoui, « La télé arrive » de Moncef Dhouieb et « Fleur d'oubli » de Salma Baccar.

Ne pensez-vous pas que le festival de Hammamet a perdu ce qui faisait sa grandeur culturelle à savoir les grands spectacles ?

Les grands spectacles posent des problèmes pour nous en raison de nos moyens limités. Les grandes vedettes exigent souvent de grands cachets qui dépassent les cent mille dinars, chose que le festival ne peut pas offrir et surtout en raison de la capacité limitée de notre théâtre qui ne dépasse mille places. Nous ne pouvons pas programmer de grands noms même si on arrive à faire le plein. Peut être il faut penser à doter Hammamet d'un deuxième théâtre plus grand et là, nous pourrons attirer les grandes vedettes. Nous essayons de trouver de spectacles qui ne sont pas chers mais qui répondent aux attentes du public

Pour quel public s'adresse le festival d'Hammamet ?

Il y a plusieurs publics. Notre festival donnera à ce public la possibilité de découvrir plusieurs formes de culture. Nous commencerons à fidéliser un public qui commence à venir nombreux d'une session à une autre. Notre seul succès est de créer des moments forts inoubliables pour ce public et d'instaurer une bonne ambiance loin des vacarmes. Nous sommes un petit théâtre de mille places, nous ne cherchons pas le grand nombre. Nous visons la qualité.

Un budget de 500 mille dinars, est ce suffisant pour gérer un festival ?

Il faut faire avec. Nous essayons de bien gérer ce budget et programmer des spectacles qui répondent aux goûts du public.

Vous n'avez pas pensé à des sponsors ?

Les grandes boites veulent eux-mêmes organiser les manifestations et aujourd'hui, il est difficile de trouver des sponsors pour appuyer ou soutenir des manifestations culturelles

Hammamet, un pôle touristique, ce festival répond t-il aux aspirations des touristes de cette cité ?

Notre festival essaie de concilier le culturel et le touristique. Notre objectif est de promouvoir la Tunisie à travers ces manifestations culturelles et nous essayons d'impliquer les professionnels pour la cause de notre festival.

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