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Mohamed Saadaoui (directeur général de Carthage Plus)

«Cibler davantage les produits haut gamme sur le marché russe»

( mercredi 12/04/2006 )

Mohamed Saadaoui, un jeune tunisien, jovial, enthousiaste, entrepreneur et infatigable au travail. Après des études en médecine à Moscou, il rejoint les rangs du  tourisme. Avec sa femme Elena, il crée son propre tour-opérateur Carthage Plus en 2002. Ensemble, ils concoctent les vacances des autres. Leur ménage aujourd'hui semble n'être que tourisme à tout bout de champ. Passionné incontestable par le métier, Mohamed Saadaoui se dit pleinement confiant quant à l'avenir du marché russe qu'il maîtrise avec brio avec tout son staff.

Comment a débuté votre itinéraire dans le tour- operating ?

J'ai tout d'abord suivi des études en médecine. Après 11 ans, je me suis spécialisé dans la médecine gynécologique. Ma passion pour le tourisme m'a conduit à interrompre une carrière médicale. Ma femme Elena m'a incité à exploiter cette position de challenger et ensemble, on a monté ce TO sur le marché russe et depuis 2002, je m'investis dans ce passionnant métier.

Comment évolue Carthage Plus sur le marché russe ?

Le marché russe ne cesse de se consolider sur la Tunisie. C'est un marché porteur pour nous. Nous avons réalisé de très bonnes performances depuis  2002 avec 4831 clients. Ce chiffre est passé à 9669 en 2003-2004 et 16.000 en 2004-2005. Notre destination affiche un bon taux  de croissance au début de 2006. Les ventes des vacances de pâques, l'avancement de la saison et l'emballement des réservations d'été 2006 constituent d'excellents vecteurs de progression pour notre destination. Notre objectif est d'atteindre les 25.000 en 2006.


Quelle est votre stratégie en matière de commercialisation ?

Je pense que les efforts entrepris sur le marché russe n'ont pas donné les promesses que l'on attendait. A mon avis, le marché russe est marché particulier d'abord par sa taille et par le rythme de son expansion compte tenu de l'évolution économique et sociale de la Russie et là je pense que nous devrons pas axer notre développement sur ce marché sur le produit balnéaire classique. Nous avons de nombreux produits qui pourront susciter l'intérêt des russes. Il faudrait développer une stratégie valorisante de la Tunisie en ciblant davantage les niches de produits haut de gammes, thalasso, incentive, golf, culture tout en sauvegardant les acquis balnéaires. Je viens de publier une brochure de 176 pages sur la Tunisie en russe et en anglais où le client russe pourra découvrir les différentes facettes du tourisme tunisien. Personnellement, je suis en train de faire un grand effort pour commercialiser de produits de niches sur la Tunisie comme en témoigne l'organisation du dernier incentive du laboratoire pharmaceutique Servier sur Hammamet. Ce 13éme incentive russe sur la Tunisie est valorisant et porteur en recettes. C'est notre stratégie future pour renforcer durablement le positionnement de notre destination en Russie.

Qu'est-ce qui permettra demain à la Tunisie d'attirer plus d'incentives sur ce marché ?

Les principales clés d'une réussite durable sont : qualité, image et marketing. L'engagement dans la qualité, au sens de la certification, est désigné comme un des enjeux prioritaires mais il est nécessaire d'aller plus loin dans la promesse faite au client. Dans un marché appelé à devenir ultra- concurrentiel, la stratégie de marque est certainement à privilégier et dans celle-ci,la qualité comme préoccupation partagée par tous les acteurs de la filière,en amont de la tenue d'une manifestation et lors du séjour,tient une place importante. Le défi de la qualité passe aussi par la performance des équipements d'accueil et plus généralement des infrastructures. La démarche de promotion est très importante car peu de publicité est fait sur ce créneau et là nous devrons nous montrer plus offensifs au plan commercial et trouver un point d'équilibre entre promotion et vente.

Vous êtes présents aussi sur le marché ukrainien ?

C'est ma deuxième destination après la Russie. C'est un marché porteur que nous essayons de le développer davantage avec un vol charter sur Kiev de 12 novembre au 10 janvier. Nous venons de réaliser 3000 clients. Nous serons aussi présents en Biélorussie et en Moldavie.

Le transport aérien suit-il ?

Je pense que nos compagnies aériennes font de leur mieux pour commercialiser la destination mais c'est insuffisant pour un marché potentiel où la demande est concentrée à 95% en été. Si nous voudrons atteindre les 500.000 clients dans les années à venir, nous devrons multiplier les vols sur cette destination

Etes-vous intéressé par l'e- tourisme ?

Je suis un adepte du tourisme en ligne et nous espérons entamer les ventes en ligne à partir de 2007.

Le dernier incentive russe "Servier" à Yasmine Hammamet

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