Tabarka doit-elle s'investir pleinement dans le tourisme festif ?
Dr. Jilani Daboussi (Président du comité d'organisation des festivals de Tabarka ) « Nous avons de plus en plus d'admirateurs et de plus en plus de jaloux »
Tabarka, la coquette cité du corail, a éteint les lampions de son festival de World Music pour mieux rallumer ceux du festival Latinos qui se présente comme une invite d'oxygénation culturelle, d'effervescence et de liesse populaire. Un mot d'ordre : l'éclatement pour davantage de rayonnement et d'ouverture aux cultures musicales. Dr. Jilani Daboussi, maire et président du Comité d'organisation des festivals de Tabarka porte une attention particulière au tourisme festif. Il a compris toute l'importance et l'enjeu de la culture dans la promotion de la destination Tabarka. Celle-ci a multiplié ses performances et chaque année elle bat ses propres records tant au niveau des entrées, des nuitées et des recettes tout en faisant, comme il le souligne Dr. Daboussi, de plus en plus d'admirateurs mais aussi en même temps de plus en plus de jaloux. Simple et lucide, très décontracté et avec son humour habituel, legrand manitou de la vie culturelle et de loisirs de Tabarka, a répondu avec sérénité et franchise à nos questions.
Presse Tourisme : Tabarka doit -elle s'investir pleinement dans le tourisme festif ?
Jilani Daboussi : Oui, parce que c'est une motivation de vente exceptionnelle. Depuis des décennies, Tabarka prouve que l'événementiel ou le culturel attire autant sinon plus que le balnéaire, le golf ou la plongée. Souvenez-vous du slogan « Je ne veux pas bronzer idiot » qui a été inventé à Tabarka.
Sur quels critères les dates des festivals ont -elles été choisies ?
Le critère essentiel est celui du taux d'occupation. D'emblée nous avons choisi de nous éloigner de la très haute saison (15juillet-15 août) pour allonger la saison et faire travailler les entreprises hôtelières et commerciales. Nos festivals démarrent donc fin juin- début juillet et s'achèvent fin août -début septembre.Au total, cela fait trois mois d'animation.
Ne pensez- vous pas que la programmation est un peu tardive ?
Vous avez raison de le souligner. Depuis une dizaine d'années , les programmes ne sont arrêtés qu'au mois de juin,ce qui est trop tardif. Mais rassurez- vous, le Ministre du tourisme s'emploie à résoudre le problème du budget ,qui est la cause fondamentale du retard et à finaliser la programmation dés le mois d'octobre pour la saison suivante. Pour 2006 donc, les T .O . et les hôteliers auront des dépliants- programmes prés de dix mois à l'avance.
Tabarka connaît un creux en hiver.Comment comptez-vous redynamiser l'animation dans la ville durant la basse saison ?
Oui ,il est indispensable d'animer la région en hiver. Notre commune s'y emploie avec la programmation d'une salle de spectacles de 2000 places à côté du déjà célèbre théâtre de la mer .Tabarka entend consolider sa place de capitale des arts, des lettres ,de la culture et de la musique. L'idée de festivals de musique l'hiver est devenue un véritable leitmotiv pour les responsables de la région.
Certains avancent que les grands noms du jazz ne figurent plus au programme de votre festival . Qu'en pensez- vous ?
C'est une plaisanterie de mauvais goût colportée par des jaloux. Cette année,à Tabarka ,nous avons eu la chance de programmer Chucho Valdes, qui est le plus grand pianiste du monde et qui a assuré,dans la foulée de son exhibition à notre festival, l'ouverture de celui, fort cèlèbre, de Montreux. Omar Sousa lui a succédé avant de se produire au festival de Marciac. Aldo Romano , classé meilleur batteur par tous les magazines spécialisés, est un des piliers du festival de Montréal. James Cotton , est la référence mondiale absolue de l'harmonica. Le groupe les Gigolos Louis Prima vient de remporter les Victoires du jazz. Julius Green , qui a mis le feu à la Basilique, est le Sammy Davies JR du XXIéme siécle. Le Golden Gate Quartett que tous les mélomanes connaissent et tant d'autres artistes de renom, font que Tabarka se situe désormais dans le peloton de tête des plus grands festivals de jazz du monde. Résultat des courses : de plus en plus d'admirateurs et de plus en plus de jaloux !
Ne pensez- vous pas qu'il faut revoir le concept d'After- show ?
Nous l'avons revu il y a déjà trois ans. Désormais ,chaque hôtel de la ville organise son propre After- show.En tant que comité d'organisation , nous n'intervenons pas et nous n'orientons pas les spectateurs vers tel ou tel établissement en sorte que tout le monde y trouve son compte.



